Le canal nicaraguayen face aux droits de l’homme

Article récapitulatif publié par le FIDH – Féderation internationale des Droits de l’Homme. Je partage avec vous, si vous souhaitez en savoir plus sur ce « deuxième canal de Panama » et ses conséquences.

« Le rapport présente les nombreuses violations des droits humains qui pourraient découler de la réalisation de ces méga-projets. Il explique également en quoi cette concession s’apparente à un régime d’exception. Un régime dans lequel les garanties constitutionnelles et légales prévues par le droit nicaraguayen ne sont pas respectées ; tout particulièrement en ce qui concerne les droits à la propriété, à un logement adapté, à l’eau, à l’alimentation, le droit de vivre dans un environnement sein et le droit à des consultations préalables, libres et informées.
Les organisations dénoncent notamment dans le rapport le régime des expropriations qui ne permet aucun recours administratif ou judiciaire. Ce dernier prévoit également une indemnisation dérisoire. Dans la situation actuelle, entre 30 000 et 120 000 paysans n’auraient aucun moyen de se reloger, ni de satisfaire leurs besoins alimentaires. A noter que ces chiffres ne concernent que la zone de construction du canal, car aucune information n’a été communiquée sur les zones affectées par les autres mega projets.
La concession du canal a une durée de 116 ans. Cette dernière inclut la traversée du Lac Cocibolca, principale réserve d’eau douce de toute l’Amérique centrale (de la taille de l’ile de Puerto Rico). Les concessions de l’eau ne doivent pourtant pas excéder 30 ans selon le droit nicaraguayen. La construction du canal affectera sans aucun doute les 80 000 personnes qui utilisent l’eau du lac et les 40 espèces de poissons qui y vivent. Il causera également des pollutions aux hydrocarbures, des problèmes de salement et de turbidité. Aucun élément s’apparentant au développement durable n’a été inscrit dans ce projet.
Selon les documents auxquels la FIDH et le CENIDH ont eu accès, la rémunération versée au Nicaragua en échange des droits exclusifs accordés à l’investisseur est minime. Ces constats amènent les organisations à considérer cette opération comme un accaparement de terre et d’eau sans précédent.
Par ailleurs, l’investisseur n’a pas été choisi suite à un appel d’offre et aucune de ses entreprises identifiées devant prendre part aux projets n’a de l’expérience dans ce type de travaux. Certaines, enregistrées aux Iles Caiman, aux Pays-Bas, à Hong Kong, ou en Chine, paraissent tout simplement être des sociétés écran. Ces différents éléments laissent à penser que l’octroie de cette concession aurait fait l’objet de corruption.
Les organisations se sont entretenues avec 131 personnes de la zone ou est censé passer le canal. Toutes affirment que l’État a tenté d’intimider les communautés mobilisées contre la concession du canal en renforçant notamment la présence policière et militaire dans la zone. Les dernières manifestations ont été durement réprimées ou entravées, transformant la route du canal en une zone d’exception. »
Lien pour lire l’article en ligne:
https://www.fidh.org/fr/regions/ameriques/nicaragua/nicaragua-les-droits-humains-engloutis-par-le-canal

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :